Au 9 janvier 2026, le Luxembourg consolide sa position de premier centre européen et de deuxième place mondiale pour les fonds d’investissement, avec un focus particulièrement fort sur les fonds d’investissement alternatif Luxembourg (AIF – Alternative Investment Funds). Alors que les actifs sous gestion (AuM) globaux des fonds domiciliés au Luxembourg atteignent des niveaux records, le segment alternatif – incluant les RAIF, SIF, SICAR et autres structures – connaît une dynamique exceptionnelle, portée par la demande mondiale pour le private equity, la dette privée, l’immobilier, les infrastructures et les investissements durables.
Chiffres clés du marché en 2025-2026
Selon les données les plus récentes publiées par la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier), au 30 novembre 2025, les actifs nets totaux des undertakings for collective investment (incluant UCITS, SIF et SICAR) s’élèvent à 6 179,88 milliards d’euros, en légère progression par rapport aux 6 162,3 milliards d’euros fin octobre 2025.
Les statistiques combinées (CSSF, BCL et ALFI) indiquent que le total des actifs sous gestion des fonds luxembourgeois (UCITS + AIF) dépasse les 7 767 milliards d’euros pour certaines périodes de référence en 2025. Le segment des fonds alternatifs représente une part croissante, avec plus de 2 000 milliards d’euros d’actifs gérés par des gestionnaires alternatifs selon les estimations ALFI.
Le RAIF (Reserved Alternative Investment Fund), lancé en 2016, domine les créations récentes. Fin 2025, plusieurs sources (RCS, analyses sectorielles) font état de plus de 2 880 RAIF enregistrés, dépassant largement le nombre de SIF (environ 1 138). Cette croissance exponentielle reflète la préférence des gestionnaires pour ce véhicule rapide et flexible.
Les principaux véhicules d’investissement alternatif
Le Luxembourg propose une boîte à outils complète pour les AIF :
- RAIF : non soumis à agrément préalable CSSF, lancement en 4-8 semaines, gestion obligatoire par un AIFM agréé. Formes juridiques variées (SICAV, FCP, SCSp très prisée en private equity).
- SIF (Fonds d’Investissement Spécialisés) : régulé, réservé aux investisseurs bien informés, agrément CSSF requis.
- SICAR : spécialisé en capital-risque et private equity, avec supervision directe.
- Structures non réglementées : SLP/SCSp souvent combinées à un RAIF pour une transparence fiscale maximale.
Tous ces véhicules sont soumis à la directive AIFMD via un gestionnaire agréé, assurant reporting, protection des investisseurs et passport européen pour la commercialisation auprès des professionnels dans l’UE.
Pourquoi le Luxembourg attire-t-il autant les AIF ?
Plusieurs atouts expliquent cette domination :
- Flexibilité inégalée : aucune restriction majeure sur les classes d’actifs (private equity, immobilier, dette privée, infrastructures, hedge funds, énergies renouvelables, etc.).
- Rapidité : le RAIF permet un time-to-market record, essentiel dans un environnement de marché volatil.
- Fiscalité compétitive : taxe d’abonnement de 0,01 % (exonérations possibles), exonération d’impôt sur les sociétés pour les formes transparentes, régime de participation exemption pour certaines stratégies.
- Écosystème mature : présence massive d’AIFM, dépositaires, administrateurs, avocats et réviseurs spécialisés. Stabilité juridique, multilinguisme et réputation mondiale.
- Accès au marché : passport AIFM pour une distribution paneuropéenne simplifiée.
En 2025-2026, les gestionnaires américains constituent la première nationalité d’initiateurs de fonds au Luxembourg, choisissant massivement le RAIF pour pénétrer le marché européen.
Les stratégies phares en 2026
Les fonds alternatifs luxembourgeois se concentrent sur :
- Private equity et venture capital : leader incontesté, avec une explosion des SCSp-RAIF.
- Immobilier : structures paneuropéennes et internationales, souvent orientées durabilité.
- Dette privée / private debt : croissance soutenue.
- Infrastructures et transition énergétique : boostées par les objectifs ESG européens.
- Fonds de fonds et stratégies mixtes.
La démocratisation progressive des investissements alternatifs (accès aux mass affluent) renforce l’attractivité, même si les RAIF et SIF restent réservés aux investisseurs bien informés (minimum 100 000 € ou certification d’expertise).
Perspectives et évolutions réglementaires
La transposition d’AIFMD II (directive EU 2024/927), attendue au plus tard en avril 2026, introduira des ajustements (reporting renforcé, focus sur la transparence, règles spécifiques pour les fonds de crédit), mais le cadre restera très attractif.
Le Luxembourg continue d’attirer des flux massifs de capitaux institutionnels, family offices et gestionnaires mondiaux. Le marché des fonds alternatifs n’est plus une niche : il est devenu un pilier stratégique de l’industrie mondiale des actifs privés.
En 2026, domicilier un fonds alternatif au Luxembourg, c’est choisir vitesse, sophistication, sécurité juridique et accès privilégié au marché européen – un choix stratégique plébiscité par les investisseurs les plus exigeants au monde.
